LE DÉVELOPPEMENT DE LA MÉDECINE ESTHÉTIQUE EN FRANCE

Les prémices de la médecine esthétique

Dès le début des années 1980, le Docteur Deutsch se préoccupe de créer un cadre général et national de prise en charge de la demande du patient, qui soit à la fois pertinent et sécurisant. Pour ce faire, une formation d’excellence des praticiens qui se tournent vers l’esthétique lui paraît fondamentale (rappelons qu’aucun diplôme d’état ou universitaire n’existe encore à ce moment-là), d’où la création du GRAMEGroupe de Recherche et d’Application Médico-Esthétique, association se voulant indépendante de toute société commerciale.

Les premières formations pratiques concernant les méthodes et techniques esthétiques débutent à partir de 1984, alors que les Congrès thématiques se mettent en place dès 1985. Sous sa présidence, le bureau de l’association est volontairement pluridisciplinaire, formé de médecins, dermatologues et chirurgiens esthétiques. Un comité scientifique, lui aussi pluridisciplinaire, est chargé de valider les techniques proposées. La formation elle-même est assurée grâce au concours des meilleurs experts du moment.

Par la suite, avec le développement rapide de la médecine esthétique, il devient vite nécessaire de regrouper tous les médecins esthétiques qui pratiquent « une bonne médecine » associée à « une bonne éthique » et d’assurer la défense de leur activité. C’est pourquoi le Docteur Deutsch participe à la création du premier syndicat de médecine esthétique – SNME : Syndicat National de Médecine Esthétique – dont il devient le secrétaire général : à ce titre et pendant 10 ans, il devient l’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics.

Un diplôme universitaire ou d’Etat se faisant cruellement attendre (un mal typiquement français, car d’autres pays ne tardent pas à le créer pour leur compte), le SNME ainsi que le GRAME président, avec d’autres sociétés, à la formation du Collège National de Médecine Esthétique (CNME), au sein duquel le Docteur Deutsch intervient en tant que membre du conseil d’administration et enseignant. Bien qu’agissant en tant qu’organisme privé, le Collège dispense alors un enseignement de type universitaire, avec une formation diplômante en deux puis trois ans.

La SFME

Parallèlement, la Société Française de Médecine Esthétique (SFME), qui existe depuis 1973 sous la présidence du Docteur Jean-Jacques Legrand, développe son activité de congrès et son journal trimestriel: le Docteur Deutsch en devient le secrétaire général au début des années 2000 et participe ainsi à l’organisation du congrès annuel de « Médecine Esthétique et de chirurgie dermatologique » (Palais des Congrès, Paris).

DU et DIU

En 2005 est enfin créé le premier Diplôme Inter Universitaire (DIU) reconnu par le Conseil National de l’Ordre des Médecins. Cependant, ce diplôme universitaire assure une formation essentiellement théorique ; afin de compléter celle-ci, les jeunes diplômés doivent se tourner, pour la formation pratique, vers des praticiens d’expérience. Ce besoin est d’autant plus important que de nouveaux produits et techniques font leur apparition chaque année dans le domaine de l’esthétique : la formation continue est de facto indispensable. Si l’on exclue les sociétés commerciales qui organisent des ateliers pour former sur leur produit ou leur technologie, cette formation continue est aujourd’hui assurée soit par quelques associations, soit essentiellement par des médecins experts qui transmettent leur expérience et leurs propres techniques. En effet, malgré les efforts et les demandes répétées auprès des pouvoirs publics, il n’y a toujours pas à ce jour de diplôme d’Etat de Médecine Esthétique, mais un simple DIU reconnu par le Conseil de l’Ordre. Dans le reste du monde, les formations restent très disparates et inégales.